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vendredi 27 février 2015

Vincent n'a pas d'écailles : le comique aquatique

Les américains vont se moquer de nous ; mais les français vont-ils avoir été conquis par ce pseudo héro d'aquarium ?

Plus proche du mutant que du super héro qui sauve le monde, Vincent, le protagoniste du film Vincent n'a pas d'écailles, nage comme un poisson dans l'eau.
C'est entre le surnaturel et le pur naturel que tente de se mouvoir le premier film du réalisateur Thomas Salvador. L'histoire, très épurée, est celle d'un homme qui devient plus fort au contact de l'eau : il "peut faire pareil, mais en mieux" raconte t-il à sa petite amie lorsqu'il lui avoue son secret. Parce que même si Vincent ne s'épanouit que dans les eaux calmes du lac à côté duquel il a déménagé au tout début du film, il ne veut absolument pas que les autres sachent ce dont il est capable. Il est alors seul à apprivoiser son corps et la nature et le rapport entre les deux ; ce jusqu'au milieu du film où débute une longue course poursuite avec une bande de policiers, qui semblent être moqués gentiment - tout du moins taquinés.
C'est une histoire à plusieurs phases. Il faut d'abord apprivoiser le personnage, raconté au présent et très peu dévoilé. Pas de dialogue ou de relation, voire même de narration, seulement une série de longs plans qui ne riment pas à grand chose à part à confronter la caméra à ce corps, qui n'est que trop peu exploité même dans les danses aquatiques - alors que l'on aurait pu imaginer de longs plans séquence fixes où ce corps s'élancerait dans l'eau, jouant avec l'espace et la dimension liquide. Puis dans un second temps, enfin, une rencontre. Le personnage se confronte à l'autre, et à partir de là le film et l'homme sont clairement portés par le personnage féminin - le dialogue (dé)monté qui révèle le secret est sans doute un dès meilleurs moments du film. Et enfin, un élément déclencheur, assez faible et très attendu, entraîne une très longue course poursuite qui mène à la fuite de l'autre côté du monde. Moïse a coupé la mer en deux et Vincent l'a traversé : une fin dans le même esprit que tout le film, un peu surréaliste et un peu dommage.
Effectivement, il est dommage de mettre autant de séquences de transition dans un film aussi court, mais quand il est porté par un scénario aussi mince, il est peut être difficile d'aller plus loin. Contrairement à son personnage, le film reste en surface. Vincent n'a pas d'écailles et n'a pas grand chose à raconter. Il est cet homme surnaturel ; pas un héros car il ne sauve personne, pas un méchant car il ne fait rien de mal, c'est juste Vincent, dans le monde le plus banal qui soit, complètement au naturel, qui essaient de vivre ensemble. Finalement proche de l'esthétique de Christophe Honoré dans son dernier film, la poésie qui porte Vincent n'a pas d'écailles n'est pas dans les corps, comme on aurait pu l'attendre, mais dans la nature ; et dans ce mystère qui rode, dont on ne cherche pas la réponse. La figure féminine exprime très bien cet émerveillement autour de son petit ami, pure et sensible, sans se soucier du pourquoi et du comment.
Le film évoluerait-il dans une autre dimension, une réalité proche la notre mais légèrement modifiée ? Il y a une part de rêve et une part de désillusion dans ce film qui se laisse porter par une idée "à la française", qui se veut faire du film d'auteur, qui reste finalement pâlot et nonchalant. 
Vincent n'a pas d'écailles, un film de Thomas Salvador
en salle depuis le 18 février 2014 

jeudi 2 octobre 2014

Chronique Cinématographique : Near Death Experience


« Paul tu parles trop et tu ne te suicides pas assez » ; elle est bien cette phrase, et elle ne résume pas si mal ce film. Que dire de plus, mise à part que ce fut mauvais ? Pardon, je n'aime pas ; je veux dire. Voici donc une critique méchante de Near Death Experience !

Near Death Experience est un film avec un acteur et beaucoup de paysages. J'aimerai dire qu'il est entre Into The Wild (où Christopher abonne toute sa vie pour vivre dans la nature) et Le grand soir (où un punk erre dans une zone commerciale) ; mais ces deux films sont très bon ! Celui là ne l'est clairement pas ! C'est une balade, longue et tortueuse, avec un dépressif qui ne crois plus en la vie, qui fait des pyramides de cailloux et qui monte et descend dans la montagne. Ce n'est pas vraiment drôle, pas vraiment triste, c'est plutôt un peu lassant. Cet homme n'avance pas paradoxalement, le paysage n'est pas maîtrisé, les plans sont trop long et pas forcément beau, l'image propose un flou pas très artistique …
Je pense qu'il aurait pu se passer des choses très bien, il y avait clairement moyen de faire tourner la tête du spectateur en le plongeant peu à peu dans un univers ultra chaotique, toujours réel mais perdant peu à peu son sens et ses repéres. La seule image qui rejoins cette idée est celle du ciel avec les montagnes à l'envers, quand le mec s'allonge ; les réalisateurs auraient complètement pu approfondir là dedans, mais c'est mon engouement qui parle ici, parce que l'esprit du film n'est clairement pas celui là. Mais alors quoi ?
La fin est finalement un désastre, je ne sais pas si je devrais en parler. Dans ma tête, j'attendais de lui qu'il retourne dans sa maison et que tout sois comme avant ; un genre de message qui dit qu'on ne peut pas lutter contre la vie ou la société et que ce sursaut de conscience ou d'inconscience ne représente rien finalement dans notre monde. En faite, le mec se suicide en sautant par la porte d'une voiture. Si il y avait eu une progression quelconque, on aurait pu penser que c'est enfin la conclusion de la quête spirituel du personnage, qu'il atteint un certain aboutissement, mais comme il ne se passe jamais rien à par de longs plans sur un type en tenue de cycliste – dans le genre pas joli, voilà quoi – on est juste soulagé qu'il arrive enfin à en finir !


L'idée de base, le concept en quelque sorte, est paradoxalement très intéressant, presque virtuose même, je dirai. Alors peut être que l'échec vient de là ! On peut aisément penser que d'autres personnes auraient pu imaginer quelque chose de ce genre avant : l'histoire d'un homme qui se suicide mentalement ! Difficile de trouver une suite, sans tomber dans le paranormal ni dans un « nouveau look pour une nouvelle vie » ! Voilà je regarde dans le vide, je me penche, je dis « je suis mort » et je repars. Comme si on enterrait notre vie ou notre identité ; que d'un coup, ça y est, on décide qu'on est mort. Alors que faire ? Que se passe t-il a cet instant ? Et bien pour Benoit Deléphine, Gustave Kerven et Michel Houellebecq, clairement, il n'y a rien après la mort !


lundi 1 septembre 2014

Sous la peau de Lucy



Je ne sais pas encore dans quelle mesure je réalise un blasphème en télescopant Under the skin de Jonathan Glazer et Lucy de Luc Besson. Cela  apparaît comme une évidence, pourtant. Au delà de la belle Scarlett Johansson que je jalouse infiniment et qui envahit nos écrans, de partout, il y a pour moi un véritable diptyque cinématographique. Blonde d'un coté et brune de l'autre, l'aventure semble pourtant se croiser : une alien venue sur terre se confronter au humain avec un air froid et bizarroïde et une femme drogué qui carbure à pleine puissance cérébrale avec un air froid et bizarroïde ! Coïncidence ? Je ne crois pas. J'apporterai une nuance sur la drogue dans Lucy (à prendre au sens littérale et figuré)  parce que ce n'est pas un film de drogué ; non ça s'apparenterai plus à une sorte de Macguffin : c'est la drogue qui révèle la jeune femme et la rend surpuissante. De l'autre coté notre Scarlett et sa bouche hébété en permanence  parce que le jeu d'actrice est juste le même exactement, n'est pas un petit génie en herbe mais une alien venue de haut dans le ciel pour chasser les hommes et nourrir sa planète  ou quelque chose dans le genre. Ce qui peut unir les film serait alors bien le personnage de la superbe femme fatale et froide, encore un retour à Hitchcock, mais surtout pour changer, totalement venue d'ailleurs. Il y a comme une force qui pèse sur ces deux films, quelque chose de surélevé : de la transcendance.  



Malgrès ce début d'article un peu sarcastique, j'ai adoré ces films. Il faut préciser. Je n'ai pas complètement compris l'engouement qui s'est créée autour d'Under the Skin que j'ai trouvé certes bizarre mais pas miraculeux. En faite je pense que c'est Lucy qui peut permettre de comprendre cela. C'est un film américain avec ses codes et ses scènes de bagarres pour faire plaisir mais je trouve qu'il y a une dimension psychologique et philosophique très intéressante. Que sommes nous dans l'univers à part des créatures incapable d'utiliser un dixième des capacités qui nous sont donnés ? Le message est très négatif. Lucy apparaît comme la renaissance de l'espèce humaine, comme la seconde première femme à exister  il est d'ailleurs intéressant de noter que c'est une femme. Lucy dévoile donc une question existentiel sur notre positionnement humain. Je suis sorti toute tremblante de la salle en dévisagent les créatures humaines qui passaient dans la rue : une véritable expérience cinématographique. Je regrette néanmoins d'avoir vue Under the Skin avant parce qu'il m’aurait peut être bouleversé si j'avais eu les codes que m'ont inculqué Lucy qui reste un film américain et qui aurait pu être plus audacieux : les images de l'univers sont magnifiques mais l'autre film en propose des encore plus superbe peut être. Dans une harmonie complètement, j'aimerai pouvoir les entre-mêler et les regarder ensemble avec des yeux d'humain et d'artiste. Avec ces deux films je ressort changé, j'ai une image du monde différente, avec plus de recul, quelque chose de nouveau et de palpitant.


dimanche 25 mai 2014

Chronique cinématographique : Maps to the Stars


Quelques mots, mais vraiment pas trop, pas trop, sur le film de Cronenberg que je me rends compte ne pratiquement pas connaitre. Tout d'abord j'ai été un peu surprise, disons, par la différence de rythme et de programme presque finalement, entre la bande annonce et le film vraiment. La bande annonce sonne un peu comme un nouveau Requiem For Dream recentrer sur la célébrité tueuse, une forme de drogue on la déjà vue ; et c'est séduisant. Mais la vérité c'est que j'avais un peu anticipé le film comme quelque chose à la Woody Allen, proche de son film Blue Jasmine, en fin de compte. Mais ça c'était mon impression du début. Finalement, et sans vouloir spoiler quoi que ce soit, je rapprocherai facilement ce film de La Cérémonie de Claude Chabrol - oui c'est étonnant. 

Alors les enfants, l'histoire est compliqué, mais dans le fond, c'est une critique d'hollywood. Ma fois elle est très intéressante puis ce qu'elle est faite par un mec qui connait ça et c'est magnifiquement bien traité. J'ai été gêné par le jeu d'acteur au début - et puis j'ai eu la très mauvaise idée de ne pas le voir en V.O. ah pauvre de moi - qui paraissait assez faux, trop superficiel, je ne les croyait pas du tout ces stars capricieuses et vulgaires ! Et finalement on rentre peu à peu dans ce monde qui n'existe pas mais qui n'existe (référence nul, merci, ok, c'est bon, voilà) ! Disons que je me suis laissé sombrer. Je pense que c'est le coté paranormal qui permet celà. Parce que c'est un chef d'oeuvre en faite. Il est assez difficile d'aimer ou de ne pas aimer ce film, en faite il est tellement frustrant, parce qu'il est bien fait. Le scénario est formidable, on part de rien avec des personnages insupportables sur un fond de superficialité accablant et puis tout s'entre mêle et on comprend, pas tout, mais on comprends, on réfléchis beaucoup en faite ...


J'ai trouvé un certains nombres de plans magnifiques, il y a quelque chose de grotesque et de sublime dans ce film. On est mal à l'aise face à quelque chose qui semble nous déranger mais aussi nous dépassé. C'est le drame psychologique parfait. 

mercredi 26 mars 2014

Littérature : The Yellow Wallpaper


"I never saw a worse paper in my life. One of those sparkling flamboyant patterns comminthing every artistic sin. It is dull enough to confuse the eye in following, pronounced enough constantly irritate and provoke study, and when you follow the lame uncertain curves for a little distance they suddently commit suicide - plunge off at outrageous angles, destry themselves in unheard of contradictions."

The Yellow Wallpaper, Charlotte Perkins Gilman


Le Papier Peint Jaune, en français, est une courte nouvelle datant de la période Victorienne et donnant la parole à une femme. Parce que c'est une femme qui écrit, elle invente quelque peu une narratrice et écrit à la première personne du singulier : j'écris mais je ne devrais pas écrire. C'est John, son mari, celui de la narratrice j'entend - dont nous ne savons presque rien de l'identité à part qu'elle est grandement inspiré de l'histoire personnelle de Charlotte Perkins Gilman elle-même, quelque peu auto-biographique donc - qui lui répète tout le temps qu'elle doit se reposer, parce qu'elle n'est pas malade, non il ne veut pas l'admettre, elle a juste besoin de beaucoup de repos et de ne pas se fatiguer - ce pléonasme entend : pas de travail et donc pas d'écriture -. On ressent également que la narratrice à un rapport bizarre ambiguë et retranscrit à mot couvert de son rapport avec un certain enfant qu'elle aurait eu mais dont elle ne peut pas ou ne veut pas s'occuper. C'est une histoire de la folie. Elle se retrouve longuement isolé dans une maison, qu'elle imagine dès la première ligne de l'histoire, hanté, au dernier étage, dans une ancienne nursery : une grande maison qui porte une histoire mais aussi une ambiance qui s'entre-croise avec l'imagination et les angoisses de notre personnages. Nous sommes d'un bout à l'autre dans son esprit : la nouvelle est en réalité son journal intime, où elle semble écrire comme bon lui semble mais tout à fait régulièrement ses impressions et ses contradictions avec le monde qui l'entourent. On suit ainsi son évolution, c'est à dire sa décadence. Elle semble elle, en cela trouver un échappatoire à ses proches qui ne l'écoutent pas et qui finalement en croyant l'aider, l'enferme seule dans une pièce où elle ne veut pas vivre. L'élément clef de la nouvelle est le papier peint. Il fait couler beaucoup d'encre à travers de longue description hasardeuse, et tout à fait incompréhensible. Ce papier peint est inimaginable. Peu à peu on s'éloigne de la narratrice qui finit par devenir folle. Je me permet maintenant de dire quelques mots sur la fin : la folie de la narratrice, c'est la folie dans laquelle son auteur aurait pu tomber. Féministe, elle explique qu'elle à écrit cette nouvelle pour que les femmes soient entendu et qu'elle ne sombre pas dans la folie ; elle ajoute que l'écriture l'a sauvé. Cela me semble assez paradoxale dans la mesure où la narratrice, même si elle doit écrire en cachette, a accès à ce moyen d’expression, et il semble finalement surtout la faire couler encore plus. Le tableau sur lequel se finit la nouvelle est une absolu frustration. Le style de Charlotte Perkins Gilman arrive à nous emmener jusqu’à ce qu'on se dise : C'est horrible, se qui arrive est horrible, pauvre femme rampante sur du papier peint déchiré !

lundi 10 mars 2014

Chronique Cinématographique : The Grand Budapest Hotel


La nouvelle petite merveille de Wes Anderson le réalisateur qui vit au pays fantastique des choses colorés chorégraphié imaginé. Comme toujours l'histoire est un peu tarabistouqué et ne raconte pas trop grand chose.

C'est d'ailleurs une histoire dans une histoire dans une histoire, avec une fille dans un cimetière, devant la tombe d'un écrivain ; on retrouve l'écrivain qui va dans un hôtel et qui rencontre un homme, un vieille homme qui vient tout le temps dans cet hôtel abandonné où tout le monde (oui y a du monde quand même en faite) est tout seul. Mais l'écrivain et le monsieur âgé vont aller gentillement dîner ensemble, sur un ton de conversation détaché un peu intime tout de même, mis en valeur dans cette immense salle de réception qui à était magnifique autrefois. Ce vieux monsieur quand à lui, à était jeune et en faite c'était lui le Lobby Boy, c'est lui zéro, de son nom. On le retrouve donc dans le passé, en changeant le format des images à de multiples reprises, ce qui est pour moi la chose la plus énervante du monde, à savoir déjà que je râle si le film n'est pas en cinémascope. Mais j'avoue avoir été enchanté par cette histoire d'hôtel tout rose, de garçon à la pomme, d'uniforme violet, de piste de ski, de petits gâteaux mignons confectionné par une jolie petite fille décorée d'une incroyable tâche de vin (dont on ne parle jamais mais tan pis), de fusillade dans les escaliers .... 

Ce que je n'ai pas aimé c'est la musique. Un thème assez oriental et surtout répétitif, très course poursuite géante, presque, qui gâche parfois même les dialogues toujours un peu incompréhensible mais tellement touchant, trop rapide, trop cadencé mais agréable à souhait. C'est une petite mélodie de mot. La musique ne se portait, elle, pas tellement à la "danse" de tout ce petit monde. Je pense que j'attendais quelque chose de plus poétique. D'un autre coté ce sont surtout les personnes qui portent la poétique du film et donc qui en sont sa mélodie. Puis j'imaginais le film dans un huit clos, l'hôtel n'est d'après moi pas assez mis en valeur, pas assez exploité ... car mon dieu, il avait l'aire pire que magnifique ! Wes Anderson dit lui-même avoir était étonné que l’hôtel soit si peu au centre, comme si c'était le personnage principale mais qu'on voulait s'en échapper dans un road movie effréné  Je trouve également que beaucoup d'idées ne sont pas porté jusqu'au bout. La confrérie des clefs par exemple me paraissait très très intéressant et mystérieux et elle tombe un peu comme un cheveux sur la soupe et se soulève de la même manière. C'est un prétexte pour s'échapper, j’aurais aimé que cela soit plus présent tout au long du film. En revanche le personne de Monsieur Gustave H. qui est le concierge d’hôtel par excellence; je l'ai trouvé très fameux ! 


The Grand Budapest Hotel agit comme un conte : dans un pays imaginaire (relié à l'Histoire certe mais sans approfondissement) avec des personnages utopiques et des courses folles pour un tableau clairement ridicule mais qui reçoit dans notre imagination, une valeurs ultime. Wes Anderson à su mettre du renouveau et de la magie dans ses films sans fausses notes, dans un cinéma différent, très coloré mais aussi très formalisé, un autre monde en faite ! J'ai aimé ce coté bluffant et hallucinant, des choses qu'ils faut suivre pour aimer, qui partent dans tout les sens et qu'on est obligé d'accepté : le paradoxe est ici même, ce film est absolument barré, tout s'échappe et pourtant tout est mis en place par le réalisateur qui crée des formes, des courbes et des lignes de fuites que le spectateur peut prendre ou laisser.



Pour compléter et conclure cet article, je vous propose des photos prisent au retour du soleil - joli mois de mars - inspiré par l'univers merveilleux de Wes Anderson et de son Grand Budapest Hotel. Voici donc une tenue sucré mais épicé, animalisé dans les tons pastels. C'est un peu mon interprétation des couleurs de monsieur Anderson. 


veste : h&m / pantalon : new yorker / sac : ebay / haut : taily weijl 
débardeur : mim / collier : pimkie / noeud : fait maison / rouge à lèvre : kiko


vendredi 7 mars 2014

L'article sur les Césars



Choquant ! Je dois avouer que je ne suis pas bien bien contente de la remise des Césars de cette année. Guillaume Gallienne débarque et rafle absolument tout alors que son film est loin d'être un chef d'oeuvre à mon gout. 

Depuis peu, le seul questionnement à la mode semble être celui du genre - pas cinématographiquement, malheureusement - ce qui relève donc d'une question d'identité dans un monde où la sexualité se dit libéré. Personnellement je ne me sent pas toucher par la question. Pire peut être même, je me la pose pas. Je suis attiré par les garçons. Cette question persistante pourrait amener à remettre des choix en question alors qu'ils sont acquis. Doit-on tous se poser la question de quel sexe veut-on dans son lit ? Pour moi ce n'est pas une question à se poser, mais quelque chose qui arrive comme ça. Quelque chose de vrai, très impulsif et irréfléchis. Quelque chose que je n'ai pas mûrit en moi, et qui existe et qui se vit. Je trouve que La vie d'Adèle en est une magnifique démonstration. Parce que ce film est une histoire d'amour, au même titre que Titanic par exemple, c'est pour moi un chef d'oeuvre et bientôt le classique cinématographique de la belle histoire d'amour homosexuel. Parce qu'Adèle est attiré par Emma, et elle s'en fiche et on s'en fiche que Emma et Adèle soit des filles (et qu'Emma ai les cheveux bleu, en passant). Non ce qui compte c'est l'attirance, le rapprochement l'amour. Et ce qui fera la rupture (parce que sans poiler on sait bien qu'elles vont rompre, c'est du cinéma moderne les amis, on ne fais plus le coup de l'amour éternelle pour la vie pour toujours) c'est leur différence sociale, bien plus grave que des histoires de cul, d'hommes ou de femmes. Il y a bien donc là une preuve que quoi qu'il arrive c'est la société (bon disons un certain déterminisme social peut être) qui empêche les gens de s'aimer et d'être ensemble. C'est donc la société qui faudrait d'après moi remettre en question avant de s'interroger sur ses envie sexuelle de façon personnelle et individuel. Je dois me poser une question d'identité mais aussi une question sur le monde dans lequel je vit.

Autre chose, je ne sais pas si j'ai le "droit" de publier cette image mon illustrer mon article, sans la commenter. Elle présente donc nos deux jeunes filles amoureuses, dans l'immense scène de sexe homosexuelle, un record au cinéma, surtout que c'est la séquence consécutive au premier bisous dans le parc, pendant le pique-nique à la rillettes, si je ne m'abuse. Le réalisateur, oui il abuse. Enfin un peu. Le montage est assez exubérant par rapport au reste, autant dire qu'on est surpris. Et puis il a élargis le cadre, que des prises en gros plan pendant tout le film et d'un coup, on arrive à voir deux corps nues, deux femmes ensemble, entrelacé. Mais c'est beau, c'est de l'art. Je trouve que Kechiche arrive à en faire des images sublimes, presque contemplative mais que paradoxalement le spectateur n'arrive pas à voir. Parce qu'il est gêné. Pas comme devant un film pornographique non plus. Je trouve que le spectateur est gêné parce qu'il est face à deux femmes qui font l'amour pour la première fois, et que c'est long et que c'est beau et que c'est leur intimité. En réalité c'est le personnage d'Adèle qui rend le film touchant et effrayant, parce qu'elle est là, parce qu'elle est avec nous, enfin non parce que nous sommes avec elle et que nous la regardons s’émerveiller et changer et son corps vit.



C'est pour tout cela donc que je dirai bien que La vie d'Adèle est le meilleur film de l'année 2013, c'est une oeuvre gigantesque qui a fait battre les cœurs et qui aurait mérité une place plus importante dans la cérémonie des Césars. Et je viens donc vous faire part, non pas des résultats mais de mon palmarès personnelle de jury amatrice. 

Meilleur film : La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche
Meilleur film étranger : Django Unchained de Tarantino
Meilleur réalisateur : Yann Gonzales dans Les Rencontres d'après Minuit
Meilleur acteur : Thierry Lhermitte dans Quay d'Orsay
Meilleure actrice : Emmanuelle Seigner dans La Vénus à la Fourrure
Meilleur espoir masculin : Pierre Niney dans Yves Saint Laurent
Meilleur espoir féminin : Adèle Exarchopoulos dans La Vie d'Adèle
Meilleurs décors : Opium d'Arielle Dombasle
Meilleur montage : La fille du 14 juillet d'Antonin Peretjatko




Ce que je pense du cas de Guillaume (et les garçons) :


Passons à quelque chose de plus fâcheux : pourquoi le film de Gallienne a t-il "volé" autant d'Oscars ? Je suis assez outré, en réalité. Ce n'est pas du tout dans mon habitude de rédiger des critiques carrément méchantes ou rageuses sur les films que je vois. Il y a toujours du bon et du moins bon et du j'aime et du j'aime pas. Là la barre à été placé trop haute ! J'ai vue pleins de films époustouflants cette année, je ne comprends pas que Les garçons et Guillaume, à table ai reçut cinq Oscars. Encore si il y avait eu un prix pour le titre du film, ok. Pour le reste non, ce n'est pas un de chef d'oeuvre ! Je n'ai pas vu le film à sa sortis pour la simple et bonne raison que le sujet ne m’intéressait pas. Bon ok voilà, c'était déjà mal partis, mais bon, il aurait quand même pu être magnifique. Je trouve que Les garçon et Guillaume, à table est une grosse comédie française assez salé avec ma foi un bon jeu d'acteur, bravo Guillaume, mais c'est tout ! Aucune esthétique intéressante ne se dégage du film, Guillaume fait son autobiographie au commencement de sa carrière, sur un fond de rétrospective théâtrale,  une adaptation de son spectacle, sans doute, mais au final sans saveur car juste un peu trop lointaine, un peu trop nouvel. Il admire beaucoup sa mère, qui n'est autre que lui, on pourrait, si on ne l'aimais vraiment pas, interpréter ce choix (seul choix d'ailleur) comme une preuve d’égocentrisme ou comme une pastiche de Psychose, en moins dramatique. L'histoire final est donc celle d'un garçon qui se découvre hétérosexuel alors qu'il ressemble (un peu) à une fille. Il est stigmatisé mademoiselle quoi. On peut oscillé entre le très banal et le très original (paradoxe, c'est suivant les points de vue) mais aussi très stupide, introduit un peu comme un MacGuffin permettant la comédie et finissant sur un propos à la mode. Seul point positif, j'ai trouvé la voix off très bonne, et c'est très rare que je l'apprécie. Ici elle est douce et rigolote à l'image de Guillaume Gallienne qui est un bon comédien, certe, mais qui ne va pas très loin en réalisation. On est proche de la comédie française bon enfant et Gallienne s'affiche plus ou moins comme le nouveau Dany Boon dans le vent !

samedi 15 février 2014

mon idée sur l'opium


OPIUM d'Arielle Dombasle


"Raymond, j'ai toujours su que tu m'étais prêté et qu'il faudrait te rendre très vite", une des nombreuses belles phrases écrite par Jean Cocteau donne le ton a ce film. Loin d'un biopic car beaucoup plus fou, ce film raconte (non ce n'est pas du tout le mot) la relation entre Jean Cocteau (justement) et Raymond Radiguet. La voix off et les images nous emmène dans l'imaginaire de Cocteau, c'est son point de vue qui est mis en scène, parce que c'est un peu son film, c'est sur lui. L'opium donne le gout de tout ce que nous voyons. Des images oniriques en noir et blanc entre coupe les scènes de bal et celles de débauche dans le Paris des années folles. Raymond semble être le rayon de soleil de Jean. C'est un jeune homme tout à fait charmant et apparemment talentueux et surtout pleins de vie qu'il exploite à travers tout son corps. Cocteau fréquente aussi une quantité de beau monde, dans des bals revisités par des robes stylisés et des figures de fer sur la tête (magique !) où se croisent Coco Chanel, André Breton, Man Ray ... Ce film est par ailleurs mis en scéne de manière insolite, nous plongeant au plus profond de l'être de Cocteau. C'est une comédie musicale où ses poèmes sont mis en musique. Le passage avec la voyante peut aller jusqu’à rappeler du Jacques Demy, quand à la forme du film, sa structure, elle s'apparenterai bien aux film Yves Saint Laurent (sans le coté coupé/décalé, plus Michel Gondry pour le coup). On note également la présence des dessins de Cocteau, reproduit en temps réel. Le film s'ouvre sur un fond noir avec (surement) un système de lumière noir, faisant ressortir le dessin et la main. Une merveille.


Les textes du film sont écrit par Jean Cocteau (et mis en scène, bien sur). On retrouve alors de nombreuses citations sur l'amour mais aussi le désespoir, la mort et la jeunesse que Radiguet lui permet de revivre ou du moins d'observer. Des le début du film, on le voit mort sur l'escalier, couper pas des images de paradis en carton. Il avance alors en arrière, jusqu’à leur rencontre sur la plage, la danse folle, le livre à la mer puis le manuscrit du "Diable au corps". Ce qui est par ailleurs étonnant est que le succès de ce livre est largement visible dans le film, par opposition à ce que fais Jean (j'entend par là la pièce de théatre peut convainquant) qui est un échec affligeant. Il nous parle aussi d'opium, tout le film se dessine autour de cette figure, dans la salon avec la voyante ou encore chez lui, toujours décris joliment, comme une douce dévastation de l'être, mieux que la vie.  

"Objet bizarroïde pour happy few, potentiellement agaçant mais jamais rasoir, Opium dégage le charme étrange et capiteux d'une certaine liberté." (Télérama)

Le plaisir visuel est immense. C'est d'après moi un chef d'oeuvre. L’esthétique et le montage sont deux choses surprenante mais finalement très belle. On se sent plongé dans un univers spirituel d'artiste des années 30, dans la folie et le désespoir quelque chose de délicat et de lugubre en même temps. Et très kitsh ! 


Le film débute et se conclut par la mort de Raymond. Jean est à l’hôpital et tente de se soigner de toute la drogue qu'il prends. L'Opium est une machine à remonter le temps. Au cœur de son esprit farfelu, nous avons alors du mal à comprendre ce qui est et ce qui était, le souvenir et le délire. Il écrit Opium, journal d'une désintoxication. C'est sa descente aux enfers. Raymond l'a tué.


"Car la jeunesse sait ce qu'elle ne veut pas avant de savoir ce qu'elle veut !" (Jean Cocteau)





• De nombreuses citations de Jean Cocteau : http://www.linternaute.com/citation/auteur/jean-cocteau/16985/

jeudi 23 janvier 2014

mon idée sur l'enfer


L'ENFER de Henri-Georges Clouzot

L'Enfer c'était l'enfer, il parait. Un truc comme le film le plus cher jamais réalisé. Jamais réalisé au sens propre du terme, ce film n'a jamais atteint la finalité complète. Et je trouve cela effrayant. J'ai été absolument impressionné par ces nombreux, très nombreux essaies, tourné et retourné, donnant à voir des images hypnotique, presque irréel. C'est comme de la drogue, sans drogue. Clouzot à choisit le propos d'un homme jaloux qui devient pire que paranoïaque et lui donne des visions surréaliste, en couleurs pour contraster avec vérité et tout finit vraiment par se mélanger. Le spectateur est loin, le spectateur est dans l'imaginaire torturé du personnages de Marcel, dans un univers psychédélique et terrifiant pleins de couleurs et de personnages aux apparences diabolique. Et tout ça, ce ne sont que des essaies. Je les trouves très en avance sur l'époque, avec des jeux d'hypnoses et de lumière que j'aimerai être capable de produire pour mon propre court métrage de fin d'année (oui j'ai trop d'espoir/ambition, je le sais bien ça) mais j'ai réellement été fasciné par ses nombreuses images transcendantes que l'on croirai tourné dans une autre galaxie. 




Sur toute ces photos extraites de nombreuses bandes d'images filmés, on peut voir surtout l'actrice principale, Romy Schneider, qui joue le rôle d'Odette, la femme de Marcel. C'est elle qui est diabolisé par l'esprit de son mari, sur les images de Clouzot et qui devient une étranges créatures aux lèvres bleues. J'ai eu tendance, un peu bêtement peut être, à l'apparenté à Emma, la copine aux cheveux bleus, dans La vie d'Adèle, je trouve que ce même bleu, qui est une couleurs chaude j'ai envie de dire, renvoi à la même chose et peut être même au même malaise finale, même si malaise n'est pas du tout le mot que je voulais dire. Je trouve en tout cas ce bleu, absolument phénoménale. Il a comme un pouvoir de métamorphosé les gens. Ce qui m'a également évidemment impressionné, ce sont les effets d'optiques ; même un peu vieux jeux aujourd'hui, je trouvent qu'ils vieillissent très bien et qu'ils arrivent parfaitement à capter le regard du spectateur qui s’enfonce profondément à l'intérieur des images, comme si notre cerveau s'enfermait tout seule à l'intérieur. Mais le vrai boum au cœur que j'ai eu s'est fait sur les lumières : le fond noir avec les lumières multicolores tournoyante autour d'Odette qui semble comme transporté. Elle apparaît face à nous comme une vision cauchemardesque et hallucinatoire. 


Au final et de mon point de vue personnel et sans intérêt je suppose, je pense que le film est devenue surtout une expérience pour son réalisateur et une expérience presque de drogue, si je puis dire. Je pense que ce genre d'images peuvent rendre fou. C'est pourquoi je pense aussi que le film final aurait été un merveilleux chef d'oeuvre. J'ai le regret sincère et profond de ne jamais pouvoir voir ce film qui aurait été je le crois une vrai perle du cinéma expérimental signant une réussite. Finalement la réussite n'est pas signé et je ne sais plus trop quoi en penser. Ce film s'affiche finalement comme des rush sans fin, abandonnée comme si l’ouvres étaient infini et qu'elle devait n'être qu'un ensemble d'images obsédante. Ces images sont pour moi un véritable tournant dans ma culture cinématographique. J'aimerai un jour pouvoir réalisé un film dans ce genre là, car c'est notamment pour ce genre d'expérience visuelle et auditive que je voudrai faire du cinéma.






• des essaies réalisé pour le film : http://www.youtube.com/watch?v=iqzXl0fag2w
• le documentaire (complet - en sept parties) réalisé par Serge Bromberg et Ruxandra Medrea  : http://www.dailymotion.com/video/xw94cz_l-enfer-d-henri-georges-clouzot-1-7-deutsche-untertitel_shortfilms


dimanche 17 novembre 2013

CINEMATOSCOPIE #1

Je reviens à présent (quoi ça fais longtemps ?) pour un nouvel article cinématographique. Je ne me lance pas pour l'instant (enfin je crois) dans une grande critique-chronique-complète(-et-tout) mais juste un genre de débriefing de mes dernières séances en salles obscures. Je vous épargne également les synopsis.


 Les rencontres d'après minuit (Yann Gonzalez)
(ou le film le plus bizarre depuis un millénaire)(rectification de puis Holly Motors) Ce film, c'est pas un film. Comme on dit dans les magazines un peu huppé, c'est un OFNI (Objet Filmique Non Identifié, inculte !) ; d'après Positif (un magazine huppé justement) cela est "grotesque et décevant !". Oui tout ça. D'autres magazines donnent une vision beaucoup plus poétique ou mélancolique de cette chose : ça parle "d'érotico-sexuel" entre autre ou de "carnaval intime". Tout cela est bluffant ! Pour ma part, je ne sais absolument pas quoi en penser. Je ne pense en faite pas qu'on puisse aimé ou ne pas aimé ce film. On peut seulement le ressentir, sans mot. Ce film est réellement trop bizarre.
Sur un fond sexuel et esthétique science-fictionnaire, ce film nous envoi dans une dimension inconnu, un univers onirique peuplé de frustrations et de belles images. D'amour, de toujours, de discours. Mais il se trouve teinté d'un coté un peu sale également, peut être malsain, déconcertant en tout cas. Et par ailleurs très beau, très beau et très bon.
Peut être artificielle.

Bande annonce : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=tFBDUTR3LZU


Inside Llewyn Davis (Joel et Ethan Coen)
Il faut dire dès le début que je ne suis pas une fan des frères, surtout depuis que j'ai mangé tout mon TPE sur le film No Country For Old Man qui n'est pas super fameux d'après moi. En faite, je finit toujours par m'ennuyer devant leurs films, alors des fois ça m'intéresse, mais toujours ça m'ennuis. Et ce dernier film n'échappe pas à la règle, il m'a ennuyé également. La chronologie linéaire de cette vie morose (moitié désespéré en faite) qui ne s'arrête, et la redondance musical parce que "si ça à pas l'aire nouveau mais que ça vieillis pas, alors c'est de la folk !" ne m'a pas tellement emballé. Ce film cherche à montrer quelqu'un qui ne s'en sort pas et il ne s'en sort pas. En revanche ce film propose de très beaux plans, comme toujours, les personnages sont des figures emblématiques soignés,  et le chat roux est une merveille !
La bonne blague, c'est que dans le dernier film proposant un Llew(il)yn, il n'y avait pas du tout de musique.


Il Était Temps (Richard Curtis)
Ce qui m'a mis déjà de très bonne humeur, c'est de voir le Aloysius des dernières saisons de Skins (qui finit décidemment toujours avec la jolie blonde) jouer un second rôle dans ce film ; disons qu'il avait gagné d'avance ! Et puis l'humour anglais, ça me réussit je crois. Après ce qui est génial avec la bande annonce, c'est qu'elle commence par nous montrer une comédie romantique sympathoche mais qui ne semble pas trop valoir le détour, pour ensuite nous surprendre ! Ce film est hyper frais ; c'est un film de printemps je trouve, sauf que c'est l'automne mais comme en Angleterre il pleut tout le temps, ils peuvent pas comprendre. Ce film est donc une très bonne surprise. Il mélange romance, humour, poésie et fantastique, esquivant joliment le film cliché sans tombé dans l'absurde dégénéré. Vers la fin il semblerai que le scénario se perds un peu dans tout cela, nous embrouille et nous baratines, sauf qu'on veut y croire, alors on croit ! C'est vrai après tout, c'est un si joli couple.

dimanche 13 octobre 2013

Chronique Cinématographique : PINK



Le film disponible en entier et en coréen : http://www.youtube.com/watch?v=-OWqEE23KqI
"Pink est un film coréen que vous ne verrez probablement jamais parce qu'il ne sortira jamais en France parce que c'est un film Coréen." Cela, c'est une citation de moi sur un ancien blog. Et bien apparemment je me trompais. J'ai lu dans la dernière édition des Cahiers du cinéma que ce jolie film sortirai le 23 octobre 2013 dans (quelques) salles. Alors BIM je re-update mon article !
Alors bon j'explique quand même comment moi je l'ai vu à la base dans mon cinéma, l'histoire c'est juste que c'était la semaine du festival du film asiatique. Donc une semaine complète avec un long programme de film du continent du soleil. Dans ce cadre, j'ai également vu un film qui s'appelle n°89 Shimmen Road mais j'ai comment dire pas bien accroché du tout. C'était pas très intéressant (et puis le coup de "on supperpose les sous titre français sur les sous titre anglais" bah non quoi, c'est pas bon ça !) d'après moi, beaucoup moins en tout cas que le film dont je vais vous parlez maintenant. (En faite c'est ce film précédent qui a été élu meilleur film du festival, donc je suis peut etre passé à coté de quelques choses). C'est pour ça que je vous parle de ce film maintenant. Alors Pink est un film réalisé par Jeon Su Il que j'ai eu la chance de rencontrer à la présentation de son film et puis il est venue dans notre lycée parce que c'est un mec sympas et que nos profs de cinéma l'on un peu supplier, je pense. Non mais sa lui faisait surement beaucoup plaisir c'est sur. Du coup c'était dingue d'arriver devant la salle, de voir le réalisateur et comme les gens savait pas à quoi il ressemblait ce monsieur, et bien il le bousculait comme si c'était un client et dans le fond c'était drôle. Drôle mais pas tellement, sa fais réfléchir, et on se demande si sa nous arrive pas de croiser des gens (un peu) connu sans s'en rendre contre. Après bon du coup si on les connais pas on s'en fou !  Mais moi j'ai toujours eu peur de voir des choses importantes sans m'en rendre contre ... ou alors je suis opportuniste. Non ça n'a rien à voir. Bref. Faut que je parle du film. Je vais commencer par une phrase qu'a prononcer le réalisateur : "le cinéma c'est de la poésie". Alors je suis pas d'accord complètement complètement avec cette phrase, parce qu'on peut pas résumer tout le septième art en disant que c'est un poème. Parce que dans ce cas, y a pas d'art à part en entière mais que des sous genres. Et d'ailleurs ça dépend des genres, des histoires, des films ... Mais je pense que oui, l'on peut qualifier certain film de poésie. Ce film c'est de la poésie. De la poésie asiatique. Que des plans long et gris se succèdent et s'enchaîne avec très peu de dialogue, parfois des plans vides, la caméra à l'épaule, une histoire raconter par des paysages et des corps, beaucoup de nudité souvent dérangeante. La vision est totalement différente que la notre occidentale. J'ai demandé si c'était de la provocation, parce que ma vision est celle de la Chine très pudique, mais c'est un Coréen et il a pas bien cerner ma question. Par chez nous il faut justifier la présence de se genre de scène pas forcément bien perçut que l'on qualifie vite de trop pleins d'hormones ou des trucs du genre. Ou même pas du tout, on peut juste choquer le publique, le gêner, ou le perdre. On m'a expliqué ensuite et c'était très intéressant ces histoires de rapport des corps, de chaleur, d'inceste parfois, de gens sur des toilettes ou même pas sur des toilettes ... C'est une frustration pure ! Il n'y a pas tellement d'histoire mais des personnages compliqués, avec un surplus de choix artistiques qui forment un film très spécial. Une fille casiment muette deviens employé dans un bar géré par la mère d'un enfant à problème psychologique. L'ouverture de film se fait sur une plage boueuse où ce garçon au petit nom coréen court nu sur la plage en bougeant les bras dans tout les sens, avec des mouettes autour. Cette scène d'ouverture est vraiment spéciale. C'est d'après moi elle qui donne tout son ton au film. Et en même temps elle est très jolie. Les mouettes sont une figure importante du film. Le réalisateur raconte qu'il a fait un gros travail sur le son, sur les couleurs, et sur les cadrages - souvent des sur-cadrages ... La mort de l'enfant est la scène que j'ai le plus aimé. Le rapport à la mort est étrange également, la vie continue comme si de rien n'était. L'enfant doit se cacher pour échapper à la police et se dirige vers le frigo sur la plage depuis le début du film - celui dans lequel il met des oeufs tout les jours en pensant que des mouettes vont naître - le frigo fermé et le garçon à l'intérieur, le frigo tombe et la porte se bloque. Il meurt ainsi. C'est très très beau. 

Il se réincarnera peut être en mouette.

mercredi 9 octobre 2013

Chronique Cinématographie : Quai d'Orsay

J'ai en ce jour était voir un film au cinéma. Certe. Bon. J'ai été voir Quai d'Orsay en avant première et surtout en présence du réalisateur, Bertrand Tavernier. Il faut dire que je n'apprécie pas spécialement le travail de cet homme à la base. Il fait toujours des plans magnifiques mais je trouve ses films très lent. Je n'ai un peu rien vue de lui aussi, mais ce que j'ai vue ça m'a pas trop plus. J'ai entrepris de regarder La princesse de Montpensier  parce que je l'ai lu ; et j'ai pas trop aimé le livre non  plus. En bref j'ai juste vue le début (oui en bref je disait vrai). Mais vraiment le début. Jusqu'à la scène dans la chambre à couché après le mariage, autant dire que sur deux et quelques de films, sa fais pas lourd. C'est à peu près la même chose pour Que la fête commence. Et j'ai pas trop aimé non plus, pour le coup. En revanche, j'ai vue son premier film L'Horloger de st Paul et même si ça ne parle pas du tout d'horlogerie, j'ai mieux aimé. Le coté politique en particulier, et j'ai aimé retrouvé cela dans Quai d'Orsay, un film cette fois entièrement politique. Entièrement politique, mais sans prise de parti ! Un peu sur le mode démonstratif plutôt, et montrer sous le ton de la comédie qui semble  paradoxalement inévitable. En trois mots de résumé, on suit Arthur, un petit jeune plutôt beau gosse qui, rès un "entretient d'embauche" qui ouvre le film, se retrouve "chargé du langage" par et pour le ministre des affaires étrangères, Alexandre Taillard de Vorms - joué par Bernard Lhermitte. Tout se passe dans l'immense et magnifique bâtiment du quai d'Orsay, nous emmène en 2002 (pourquoi ?) en pleins cœurs de la vie politique de tout le ministère. Ce film inspiré d'une bande dessiné et co-écrit par ses auteurs,cherche à nous immiscer dans les tumultes de la politique et des hommes qui font tourner le monde. Mais à travers des questions graves, paraissant même vital, une comédie se joue devant nos yeux, avec un ministre quelque peu extravagant, assez à coté de la plaque, qui semble aveuglé par des citations obscures de grands auteurs qui donnent d'après lui du souffle de la vie à son discours. C'est clairement un grand orateur, qui délaisse les informations capitales, leurs sens et leurs impacts. Et tout se bouscule, les hommes crient, la pression monte, les portes claques, les feuilles s'envolent, les coups de téléphones de multiplies, les réunions aussi ... Chacun se préoccupe (plus ou moins) de ses affaires, le spectateur est abasourdis, plaqué sur son fauteuil dans une impression de semi-réel caricatural. Bernard Tavernier affirme à la fin de sa projection que son film n'est en aucun cas une satire de la politique. Tout se passe comme ça en vrai, il ajoute avoir adoucis certains traits. Ce monsieur, bien que son travail ne m'intéresse pas beaucoup, m'a pour le moins captiver. Il semble avoir un avis bien arrêter sur ce qui concerne son film, mais sans avoir de message à faire passer ou alors subtilement, par exemple par rapport aux questions/réponses pré-écrite par des garçons comme Arthur, chose invraisemblable dans un système parlementaire.
En ressortant de la salle, j'ai eu une impression mitigé entre celle de sortir d'un bureau très sérieux où l'on traite de grandes choses et celle de sortir d'un bureau de fonctionnaire pas très consciencieux qui en disent plus qu'ils n'en font. J'ai aimé ce film, il m'a marqué et interrogé. Mon rapport à la politique me semble différent à présent. Et pour conclure par un mot technique, parlons choix esthétique, monsieur Tavernier c'est, comme il le dit, beaucoup amusé avec ses possibilités, notamment au montage. Je n'adhère pas au découpage de l'écran qui n'est pas très jolie en soit d'après moi. J'ai trouvé l'idée du son stéréo qui sort d'un haut parleur puis de l'autre puis de l'autre absolument formidable. Et les décors, authentique bien sur, bien sur enfin que dire ils sont magnifiques !