Je ne sais pas encore dans quelle mesure je réalise un blasphème en télescopant Under the skin de Jonathan Glazer et Lucy de Luc Besson. Cela apparaît comme une évidence, pourtant. Au delà de la belle Scarlett Johansson que je jalouse infiniment et qui envahit nos écrans, de partout, il y a pour moi un véritable diptyque cinématographique. Blonde d'un coté et brune de l'autre, l'aventure semble pourtant se croiser : une alien venue sur terre se confronter au humain avec un air froid et bizarroïde et une femme drogué qui carbure à pleine puissance cérébrale avec un air froid et bizarroïde ! Coïncidence ? Je ne crois pas. J'apporterai une nuance sur la drogue dans Lucy (à prendre au sens littérale et figuré) parce que ce n'est pas un film de drogué ; non ça s'apparenterai plus à une sorte de Macguffin : c'est la drogue qui révèle la jeune femme et la rend surpuissante. De l'autre coté notre Scarlett et sa bouche hébété en permanence parce que le jeu d'actrice est juste le même exactement, n'est pas un petit génie en herbe mais une alien venue de haut dans le ciel pour chasser les hommes et nourrir sa planète ou quelque chose dans le genre. Ce qui peut unir les film serait alors bien le personnage de la superbe femme fatale et froide, encore un retour à Hitchcock, mais surtout pour changer, totalement venue d'ailleurs. Il y a comme une force qui pèse sur ces deux films, quelque chose de surélevé : de la transcendance.
Malgrès ce début d'article un peu sarcastique, j'ai adoré ces films. Il faut préciser. Je n'ai pas complètement compris l'engouement qui s'est créée autour d'Under the Skin que j'ai trouvé certes bizarre mais pas miraculeux. En faite je pense que c'est Lucy qui peut permettre de comprendre cela. C'est un film américain avec ses codes et ses scènes de bagarres pour faire plaisir mais je trouve qu'il y a une dimension psychologique et philosophique très intéressante. Que sommes nous dans l'univers à part des créatures incapable d'utiliser un dixième des capacités qui nous sont donnés ? Le message est très négatif. Lucy apparaît comme la renaissance de l'espèce humaine, comme la seconde première femme à exister il est d'ailleurs intéressant de noter que c'est une femme. Lucy dévoile donc une question existentiel sur notre positionnement humain. Je suis sorti toute tremblante de la salle en dévisagent les créatures humaines qui passaient dans la rue : une véritable expérience cinématographique. Je regrette néanmoins d'avoir vue Under the Skin avant parce qu'il m’aurait peut être bouleversé si j'avais eu les codes que m'ont inculqué Lucy qui reste un film américain et qui aurait pu être plus audacieux : les images de l'univers sont magnifiques mais l'autre film en propose des encore plus superbe peut être. Dans une harmonie complètement, j'aimerai pouvoir les entre-mêler et les regarder ensemble avec des yeux d'humain et d'artiste. Avec ces deux films je ressort changé, j'ai une image du monde différente, avec plus de recul, quelque chose de nouveau et de palpitant.
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