« Paul
tu parles trop et tu ne te suicides pas assez » ; elle est
bien cette phrase, et elle ne résume pas si mal ce film. Que dire de
plus, mise à part que ce fut mauvais ? Pardon, je n'aime pas ;
je veux dire. Voici donc une critique méchante de Near Death
Experience !
Near
Death Experience est un film avec un acteur et beaucoup de
paysages. J'aimerai dire qu'il est entre Into The Wild (où
Christopher abonne toute sa vie pour vivre dans la nature) et Le
grand soir (où un punk erre dans une zone commerciale) ;
mais ces deux films sont très bon ! Celui là ne l'est
clairement pas ! C'est une balade, longue et tortueuse, avec un
dépressif qui ne crois plus en la vie, qui fait des pyramides de
cailloux et qui monte et descend dans la montagne. Ce n'est pas
vraiment drôle, pas vraiment triste, c'est plutôt un peu lassant.
Cet homme n'avance pas paradoxalement, le paysage n'est pas maîtrisé,
les plans sont trop long et pas forcément beau, l'image propose un
flou pas très artistique …
Je
pense qu'il aurait pu se passer des choses très bien, il y avait
clairement moyen de faire tourner la tête du spectateur en le
plongeant peu à peu dans un univers ultra chaotique, toujours réel
mais perdant peu à peu son sens et ses repéres. La seule image qui
rejoins cette idée est celle du ciel avec les montagnes à l'envers,
quand le mec s'allonge ; les réalisateurs auraient complètement
pu approfondir là dedans, mais c'est mon engouement qui parle ici,
parce que l'esprit du film n'est clairement pas celui là. Mais alors
quoi ?
La
fin est finalement un désastre, je ne sais pas si je devrais en
parler. Dans ma tête, j'attendais de lui qu'il retourne dans sa
maison et que tout sois comme avant ; un genre de message qui
dit qu'on ne peut pas lutter contre la vie ou la société et que ce
sursaut de conscience ou d'inconscience ne représente rien
finalement dans notre monde. En faite, le mec se suicide en sautant
par la porte d'une voiture. Si il y avait eu une progression
quelconque, on aurait pu penser que c'est enfin la conclusion de la
quête spirituel du personnage, qu'il atteint un certain
aboutissement, mais comme il ne se passe jamais rien à par de longs
plans sur un type en tenue de cycliste – dans le genre pas joli,
voilà quoi – on est juste soulagé qu'il arrive enfin à en
finir !
L'idée
de base, le concept en quelque sorte, est paradoxalement très
intéressant, presque virtuose même, je dirai. Alors peut être que
l'échec vient de là ! On peut aisément penser que d'autres
personnes auraient pu imaginer quelque chose de ce genre avant :
l'histoire d'un homme qui se suicide mentalement ! Difficile de
trouver une suite, sans tomber dans le paranormal ni dans un
« nouveau look pour une nouvelle vie » ! Voilà je
regarde dans le vide, je me penche, je dis « je suis mort »
et je repars. Comme si on enterrait notre vie ou notre identité ;
que d'un coup, ça y est, on décide qu'on est mort. Alors que
faire ? Que se passe t-il a cet instant ? Et bien pour
Benoit Deléphine, Gustave Kerven et Michel Houellebecq, clairement,
il n'y a rien après la mort !
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